La Soufrière, volcan de la Guadeloupe

Accueil/Guadeloupe par commune/Basse-Terre/Saint-Claude/La Soufrière, volcan de la Guadeloupe

La Soufrière, volcan de la Guadeloupe

C’est le point culminant de Guadeloupe et même de toutes les petites Antilles à 1467 mètres, elle est accessible au public à pied à partir des bains jaunes, les fortes pluies et le tremblement de terre du 21 novembre 2004 ont causé des éboulements qui empêchent le passage des voitures entre les bains jaunes et le parking de la savane à mulets situé à 1142 mètres d’altitude. L’accès à l’ancien parking se fait via la trace du « Pas du Roy », même s’il est facile la trace du « Pas du Roy » rajoute une demi-heure au temps d’accès au sommet de la soufrière. Depuis la pente et le sommet de la soufrière la vue est splendide sur les Saintes et la Dominique, par temps clair l’on aperçoit distinctement le nord de la Martinique.

L’ascension à partir des bains jaunes prend une heure trente en moyenne, ce sont les derniers hectomètres qui sont plus difficiles. Le panorama, arrivé au sommet, est rarement dégagé.

Volcan de la Soufrière

Le volcan de la soufrière est la mal nommée « La vielle dame » car c’est en fait un tout jeune volcan qui serait survenu au Moyen Age sur un ancien volcan âgé de 120.000 ans. Elle fait partie de la vingtaine de volcans actifs et explosifs des petites Antilles. Le massif de la soufrière est composé de deux massifs, le massif de la Découverte et le massif de la Madeleine qui ne se sont pas formés en même temps. Le volcan de la soufrière s’est formé vers 1530 (à 25 ans près) donc après la découverte de l’ile par Christophe Colomb. L’éruption de 1976 n’était pas une éruption magmatique (comme en 1530), mais une éruption phréatique, c’est dire que les sols étant gorgés d’eau au dessus de lave à 800 degrés et forme de la vapeur d’eau et lorsque la pression est trop forte cela explose. Cette éruption peut être aussi causée par un magma qui remonte et réchauffe la surface pour créer un surplus de vapeur sous pression. C’est ce qu’il s’est passé en 1976, le magma est remonté, puis s’est arrêté. Depuis l’arrivée des premiers colons en 1635 il y  a eu six éruptions phréatiques.

 

Tout comme la montagne pelée en Martinique, la soufrière de Guadeloupe dite la vielle dame est toujours en activité et est surveillée en permanence par un groupe de spécialistes. Le volcan de type explosif, au contraire de celui de la Réunion qui est effusif, est en sommeil mais peut se réveiller à tout moment. C’est l’observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe qui a en charge l’observation et la surveillance de l’activité du volcan afin de prévoir les éruptions volcaniques. Des prélèvements de gaz de fumeroles sont fait régulièrement pour savoir si le magma qui est en profondeur veut remonter ou non. Des stations surveillent aussi les séismes qui se produisent aux alentours de la soufrière, ces stations font parti d’un vaste réseau de stations dans les Antilles. Ces stations ont pour but de mieux connaitre le mouvement des plaques tectoniques : le glissement de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbes.

Plusieurs éruptions ont eu lieu avec des tremblements de terre :

  • 1797-1798 : En septembre 1797 et avril 1798 deux éruptions se produisent avec un effondrement sur le coté nord-ouest (Eboulement Faujas).
  • 1836-1837 : Période de fortes éruptions brèves avec de nombreux séismes violents.
  • Octobre 1956 : Quelques explosions sans conséquences.
  • 1976 : Dernière éruption de la soufrière.

 

C’est en 1976 qu’a eu lieu la dernière éruption de la soufrière à partir du gouffre Tarissan, il n’y a pas eu de coulée de lave, mais de la vapeur d’eau et des explosions dues aux gaz sous pression, tout cela créa un immense nuage de vapeur et de cendres. Ces évènements occasionnèrent le déplacement de la population du sud Basse-Terre pendant quelques mois. Cet épisode fut l’occasion d’une très violente altercation entre Haroun Tazieff, éminent vulcanologue, et Claude Allègre directeur de l’institut de physique du Globe. Ce dernier avec ses collaborateurs sur la base de constatations erronées (présence de magma frais) provoquèrent l’évacuation de 70.000 personnes contre l’avis d’Haroun Tazieff, l’avenir donna raison à d’Haroun Tazieff. Quatre mois après cette évacuation, l’alerte est levée.

C’est à partir du 17 juillet 1975 que débute l’activité sismique de la soufrière pour se continuer par l’évacuation du sud Basse-Terre un an plus tard et se terminer en juin 1977 avec plusieurs dizaines d’éruptions. En presque deux ans il y a eu plus de 16000 séismes dont 153 ressentis dans la région sud Basse-Terre, les deux plus forts de magnitude 4,5 ont été ressentis jusqu’à Pointe à Pitre. C’est plus de 800.000 m3 de matériaux qui sont projetés dans l’atmosphère durant cette période, la taille de ces matériaux va du grain de poussière aux roches de plusieurs m3. A cette époque le directeur de l’observatoire de Guadeloupe est Michel Feuillard, c’est le directeur local, mais il a des supérieurs en France comme Georges Aubert, directeur de l’institut de physique du globe de Paris. Par la suite Haroun Tazieff arrive comme chef de service des observatoires volcanologiques donc patron de Michel Feuillard et de son homologue en Martinique. Tazieff part en Equateur après avoir examiné la situation qu’il juge non critique, mais à surveiller tout de même. Il laisse le préfet de Guadeloupe seul face à la crise. L’attitude de Tazieff est jugée à l’époque comme un abandon de poste. Le préfet s’entoure de plusieurs personnes qui avec Michel Feuillard gèrent le début de la crise. Au début, de 150 tremblements de terre d’origine volcanique par an, on passe à plus de 60 par mois, puis en novembre 1975 on ne compte pas mois de 600 séismes. Début 1976 l’observatoire émet une note confidentielle à l’attention de la préfecture. En mars 1976 Tazieff arrive en Guadeloupe et confirme on jugement initial en disant que la soufrière était dangereuse et était à surveiller, mais pas de quoi s’affoler pour le moment. Le mois suivant, en avril, visite d’Olivier Stirn, ministre des DOM-TOM qui demande des études complémentaire. Le mois suivant, en mai 1976, c’est le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing qui se rend sur place et qui met en garde pour qu’il n’y ait pas de victime, avec pour principe que si cela s’aggrave, on évacue. Fin mai de nouveaux séismes relativement importants, en juin toujours des séismes et des éboulements.

Le 8 juillet 1976, la soufrière explose et entre en éruption phréatique en surprenant tout le monde ; panique générale, les gens fuient vers le nord de la Guadeloupe ; une auto évacuation de 30.000 personnes. Tazieff et les observateurs sur place ne jugent toujours pas la situation critique.

En aout 1976, Claude Allègre est nommé Directeur de l’institut de Physique du Globe et devient donc le patron d’Haroun Tazieff, deux hommes qui se détestent. C’est à ce moment là que le préfet demande aux gens de revenir et de reprendre une activité normale, sur les 30.000 qui étaient partis, 10.000 reviennent. Le 15 août, voyant les évènements s’amplifier, le préfet décide d’évacuer tout le monde selon le principe de précaution. Fin Août d’Haroun Tazieff revient en Guadeloupe, sans passer par Paris ou il était convoqué. Le 30 aout 1976 ils sont au sommet du volcan lorsque survient une forte explosion, 12 personnes étaient présentes dont Michel Feuillard, Tazieff, Allègre, … Par chance il n’y eu que trois blessés légers dont Tazieff. C’est de là que commence la rivalité entre les deux points de vue des deux hommes:

  • Tazieff qui dit que ça bouge mais ça ne va pas exploser.
  • Allègre qui dit qu’il y a de gros risques.

Après le 24 août 1977 (1200 séismes dans la journée), l’activité sismique décroit, malgré une forte explosion le 22 septembre, petit à petit les ordres de réintégration des zones ont été donnés, et finalement c’est le 1 décembre 1976 que les habitants de la zone de Saint-Claude ont été autorisés à réintégrer leurs maisons.

En mars 1977 a eu lieu la toute dernière éruption phréatique.

 

La dernière coulée de la Soufrière à eu lieu vers 1530 et c’est cette coulée qui a formé le dôme actuel. C’est donc le volcanisme qui a permit à la Basse-Terre de sortir de l’eau. Toutes ces dernières éruptions passées ont été faites d’émissions de gaz et de cendres, toutefois une éruption du type de la Montagne pelée en Martinique en 1902 ou comme celle de la soufrière de Montserrat très récemment n’est pas à exclure.

 

La flore de la soufrière est tout à fait particulière pour plusieurs raisons :

  • La quantité d’eau qui tombe, entre 10 et 12 mètres d’eau par an.
  • Le plafond nuageux présent plus de 300 jours par an.
  • Le vent d’est.
  • La température moyenne relativement basse au alentour des 18°.

 

Caractéristiques de la randonnée

  • Longueur : 7 km
  • Durée : 4 heures
  • Dénivelé : 670 mètres
  • Difficulté : Difficile
By | 2023-09-10T07:33:31-04:00 octobre 23rd, 2017|Saint-Claude|0 commentaire

About the Author: